Quelques résultats

Epidermolyse bulleuse : Un premier patient traité avec succès par thérapie génique

Les épidermolyses bulleuses sont un groupe de pathologies rares et héréditaires au cours desquelles des bulles et des ampoules se forment à la surface de la peau et des muqueuses, spontanément ou à la suite de traumatismes minimes. Une équipe de chercheurs italiens, dirigée par Michele De Luca (Université de Modène et The Veneto Eye Bank Foundation) et financée par les Téléthon français et italien dans le cadre d’un appel d’offres conjoint, a réussi, pour la première fois, à traiter par thérapie génique un patient atteint d’une grave maladie génétique de la peau, l’épidermolyse bulleuse jonctionnelle. Dans cette maladie, la déficience du gène de la laminine 5 se traduit par une absence d’adhérence entre l’épiderme et le derme. Grâce à la greffe de cellules souches de la peau traitées par thérapie génique et qui expriment la laminine 5, les chercheurs ont pu reconstituer, chez ce patient, un épiderme qui adhère au derme, au niveau de deux plaies chroniques situées sur les cuisses. Une observation faite dès le 8ème jour et pendant les douze mois de suivi. Cet essai pilote chez un premier patient devrait permettre, en France, le démarrage prochain d’un essai clinique pour la même maladie.
Travaux publiés sur le site Internet de la revue Nature Medicine, 19/11/06

Déficit en Adénosine désaminase : 8 enfants soignés par thérapie génique

Depuis 2000, l’essai de thérapie génique dans le déficit immunitaire combiné sévère par déficit en adénosine désaminase (ADA-SCID), mené par l’équipe de Maria Grazia Roncarolo du Tiget à Milan, a permis de soigner 8 enfants. En pratique, l’essai a consisté à introduire le gène de l’ADA, l’enzyme dont l’absence est à l’origine de la maladie, dans des cellules souches de la moelle osseuse. Une fois corrigées, les cellules sont réinjectées au malade qui, dans le même temps, reçoit une légère chimiothérapie permettant de faire un peu de place à ces cellules. Sur les huit enfants traités, alors âgés de moins de 2 ans, on a constaté un bénéfice clinique chez la majorité d’entre eux avec, pour l’instant, une guérison de la maladie », relate Alessandro Aiuti, l’un des médecins de l’équipe italienne.

Le passage du gros animal à l’homme : une thérapie génique pour recouvrer la vue

L’amaurose congénitale de Leber est une forme particulière de rétinite pigmentaire entraînant précocement une quasi-cécité chez l’enfant.
En octobre dernier, l’équipe coordonnée, à Nantes, par Fabienne Rolling, a utilisé une technique de thérapie génique innovante pour redonner la vue à des chiens modèles de cette maladie. Grâce à un vecteur AAV (adeno-associated virus) de type 4, équipé d’un promoteur du gène RPE65 humain, l’équipe nantaise a pu diriger l’expression du transgène uniquement dans l’épithélium rétinien, siège du dysfonctionnement, tout en épargnant les photorécepteurs. De plus, en utilisant un promoteur spécifique du gène RPE65, et non pas un promoteur viral, les chercheurs se sont prémunis des risques de complications éventuelles. Deux éléments qui assurent la biosécurité de la thérapie et permettent d’envisager un essai clinique chez l’homme.
Ces travaux représentent une étape primordiale dans la mise au point de la thérapie génique pour cette maladie génétique qui ne bénéficie à l’heure actuelle d’aucun traitement. L’équipe nantaise s’attelle désormais à la mise en place d’un essai clinique chez l’homme. Fabienne Rolling estime que d’ici deux à trois ans, les premiers patients pourront être traités. L’identification des patients débutera au 1er trimestre de 2007 et continuera jusqu’à mi-2008. La production de lots cliniques est prévue en 2008, et la première injection aux patients devrait avoir lieu au premier trimestre 2009.

Myopathie de Duchenne : le saut d’exon à l’essai

La société néerlandaise de biotechnologies, Prosensa, vient de lancer un essai clinique de saut d’exon dans la myopathie de Duchenne. Cette étude soutenue par l’AFM a pour objectif de vérifier la tolérance et la sécurité de cette approche.
Cette étude soutenue par l’AFM consiste à utiliser des ARN antisens mis au point par l’équipe de Judith van Deutekom du Leiden University Medical Center (Pays-Bas). Schématiquement, les ARN antisens sont des petits bouts d’ADN qui interviennent au cours du processus de transcription du gène en protéine. Ils viennent « se coller » à un endroit spécifique d’un ARN pré-messager pendant sa maturation en ARN messager. La machinerie de la cellule ne traduit alors qu’une partie du gène et donne une protéine plus courte. Les chercheurs utilisent les ARN antisens pour amener la machinerie de la cellule à sauter la partie mutée du gène rétablissant ainsi la production d’un dystrophine tronquée, mais fonctionnelle. Ces ARN antisens visent un bout particulier du gène, l’exon 51. De fait, la caractéristique principale des enfants recevant le traitement est de présenter une anomalie génétique susceptible d’être contrecarrée par le saut de cet exon. A ce jour, les 4 patients ont reçu le traitement et les biopsies de deux d’entre eux ont été faites. Les premiers résultats montrent une très bonne tolérance et l’expression de « quasi-dystrophine ».
Encore en phase pré-clinique, l’équipe de Luis Garcia de Généthon développe une autre approche pour rétablir l’expression d’une dystrophine fonctionnelle. Dans ce cas, il s’agit aussi de saut d’exon avec des ARN antisens. Mais, à la différence des travaux menés par Prosensa, ces ARN sont produits directement dans les cellules grâce au transfert d’un petit gène, U7, modifié pour coder ces ARN. L’avantage de cette approche est qu’une fois dans la place, le gène U7 modifié produit les ARN antisens dès que la cellule en a besoin. La difficulté est que ce gène est véhiculé par un vecteur viral susceptible de déclencher des réactions immunitaires qu’il faudra être en mesure de maîtriser.

Gamma-Sarcoglycanopathie : démarrage d’un essai de thérapie génique

Généthon, le laboratoire de biothérapies français financé par les dons du Téléthon, va démarrer un premier essai de thérapie génique chez l’homme pour une maladie neuromusculaire, la gamma-sarcoglycanopathie. Il vient d’obtenir l’autorisation de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) ainsi que l’avis du CPP (Comité de protection des personnes). Cet essai de phase I se déroulera à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) sous la responsabilité du Professeur Serge Herson, investigateur principal, et en collaboration avec l’Institut de Myologie. Il s’agit de tester l’injection d’un vecteur AAV (libéré par l’Etablissement de Thérapie Génique et Cellulaire de Généthon) porteur du gène de la gamma-sarcoglycane pour en vérifier l’innocuité et la bonne tolérance chez les patients volontaires, sans pouvoir, à ce niveau de développement, présager d’un bénéfice thérapeutique. 9 patients seront recrutés. Le premier patient sera traité avant la fin de l’année. Généthon est le promoteur de cet essai.

La greffe de cellules souches dérivées de vaisseaux sanguins améliore la fonction musculaire de chiens modèles de la myopathie de Duchenne

Un groupe de chercheurs italiens et français de l’Institut San Raffaele à Milan, en collaboration avec l’université de Pavie et l’école vétérinaire d’Alfort, vient de démontrer l’efficacité d’une thérapie cellulaire chez des chiens modèles de la dystrophie musculaire de Duchenne. Les chercheurs montrent que des cellules souches associées aux vaisseaux sanguins, les mésoangioblastes, provenant d’un chien donneur sain et injectées dans la circulation sanguine, permettent une expression de la dystrophine, une restauration de la morphologie et une amélioration de la fonction musculaire. Cette étude pré-clinique a été réalisée à l’école vétérinaire d’Alfort par l’équipe de Stéphane Blot.
Les muscles, comme tous les organes, sont traversés par des vaisseaux sanguins. Des études antérieures ont montré que les mésoangioblastes étaient capables de franchir la paroi des vaisseaux sanguins et de se déplacer à travers le tissu pour coloniser différentes régions du corps. Les chercheurs ont donc isolé les mésoangioblastes à partir de biopsies de muscles chez des chiots non malades. Ces cellules ont ensuite été injectées directement dans la circulation générale, dans l’espoir qu’elles puissent se transformer en fibres musculaires chez les chiens malades. Chez 4 des 6 chiens traités de cette façon, les résultats ont été positifs. Des fibres musculaires exprimant la dystrophine ont été observées. Une amélioration significative de la motricité a été également notée chez deux d’entre eux.
Ce résultat est le fruit d’un long travail mené par l’équipe italienne dirigée par le Pr Giulio Cossu qui indique que : « ce protocole de thérapie cellulaire est en grande partie un succès et conforte le projet d’un essai clinique chez l’homme.»
Travaux publiés sur le site Internet de la revue Nature, 15/11/06
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